Maintenant nous nous dirigeons vers un Domaine qui amène une grande excitation, nous allons toucher le summum de ce qui se fait en Bourgogne. Domaine Armand Rousseau.
C’est toujours un grand moment que de franchir la grille et de voir M. Charles Rousseau vous accueillir avec le sourire devant son bureau à droite de l’entrée. Passer une heure avec Charles est toujours un grand plaisir, racontant histoires et anecdotes. L’œil est étincelant au souvenir d’une dégustation, nous disant par exemple que l’un des meilleurs millésime du Domaine est 1933, mais qu’il est encore jeune ; à attendre !!! N’hésite pas à dire que 77 – 78 chez lui, il a eu des problèmes de Potasse (relater aussi par Clives Coates dans son livre). Humilité, et honnêteté, pas de langue de bois avec Charles.
Une petite information pour les amateurs de vieux vins, Armand Rousseau, le père de Charles n’a commencé à acheter des vignes qu’à partir de 1920-1921. C’est d’actualité.
On parle aussi des millésimes 2006 et 2007. 2006 millésime classique, de vigneron, 2007 plus difficile.
Un Grand Monsieur, chapeau bas.
Evidemment, il faut que l’on fasse la dégustation des 2006, il ne serait pas concevable de ne pas la faire. Belle leçon d’accueil !
Nous descendons donc à la cave, la caverne d’Ali Baba pour tout amateur de Bourgogne. Un privilège c’est certain !
Gevrey Chambertin village 2006
Dès que l’on lève son verre, on est admiratif de la couleur rubis, étincelante et profonde. Quelle couleur ! On retrouvera cette couleur sur toute la gamme avec une augmentation de la densité au fil de la dégustation, mais même avec le Chambertin, ce Rubis éclatant plus noir reste globalement clair. J’aime tant cette couleur sur les grands Bourgognes classiques dont je pense le Domaine Rousseau est l’un des chefs de file.
Nez sur les fruits rouges, griottes. On sent déjà avec le Gevrey que l’on va avoir une dégustation d’exception. En bouche, c’est de la friandise, grande finesse, bel équilibre. On aimerait en prendre une bouteille pour le boire comme cela. Que pourrait-il gagner ? J’aime.
Gevrey-Chambertin 1er Cru les Cazetiers 2006
L’année dernière j’avais particulièrement aimé cette cuvée, et bien rebelote, un très beau Gevrey tout en finesse et pureté. Nez sur la cerise avec des épices. Attaque est ample et tombe sur une structure tout en finesse, avec un bel équilibre donnant de la longueur. Très beau. On aimerait en faire son fond de cave. J’aime beaucoup.
Charmes-Chambertin 2006
Beau nez en finesse sur la Cerise. Milieu de bouche est ample. Charmeur en souplesse. Un superbe soyeux. Très bien.
Mazy-Chambertin 2006
Celui-ci est austère et fermé. Sur la réserve. Il se réveillera au niveau des autres cela ne fait aucun doute.
Clos de la Roche 2006
Nez de fruits rouges, cerise, griottes. Très élégant.
En bouche, on perçoit un coté minéral de roches, une légère tension qui donne de la longueur. Très beau soyeux. Superbe. J’aime cette cuvée.
Ruchottes-Chambertin 2006
Nez complexe de Cerise, florale de violette et de rose, légèrement vanillé. Très beau.
En bouche, c’est certainement le vin le plus complet jusqu’à présent malgré le niveau très élevé, on monte d’un cran. Grande finesse, un équilibre superbe qui donne une superbe longueur en bouche sur le fruit. J’adore. Je suis sous le charme.
Gevrey-Chambertin 1er Cru Clos St Jacques 2006
Densité est le premier mot, lorsque l’on plonge son nez dans le verre. Contrairement aux autres où la Cerise-Griottes saute aux narines, ici c’est le coté florale avec des notes de Rose qui domine, puis la cerise, framboise arrivent. Très complexe.
On perçoit une grosse densité à travers des tanins fins, soyeux qui donnent une grande longueur. Superbe. Un grand vin en devenir. J’adore. Peut-on faire mieux ?
Chambertin 2006
Il est plutôt fermé ce gros bébé même si on perçoit des arômes de cerise. En bouche, c’est massif, c’est serré, grosse structure. Le fruit apparaît. Quelles densité et matière ! Cela annonce une grande bouteille qui demandera du temps. Mais on aura un grand classique. Un grand Chambertin est né.
Chambertin Clos de Bèze 2006
Il est en retard par rapport aux autres. C’est massif, dense. Tanins présents qui demandent encore à s’arrondir. Il n’est pas encore complètement en place. Mais on ne s’inquiète pas du tout lorsque l’on sent cette matière. Nous avons un grand Clos de Bèze devant nous.
Si je devais résumer cette dégustation en 2 mots. Harmonie et équilibre.
Un millésime tout en élégance chez Rousseau. Des bourgognes comme on les aime !
Certainement que ce domaine va faire partie, comme toujours me direz-vous, des plus belles réussites de ce millésime. Un must pour les amateurs de Bourgognes classiques et pures.
Bravo à Eric Rousseau et à toute l’équipe.
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